À 9:00 précise, une jeune dame se dirige vers moi et me demande si je suis Louise. Nous faisons rapidement connaissance et nous nous dirigeons vers sa maison, juste à côté, afin de rencontrer les deux autres cuisinières de cette magnifique matinée.
Elles arrivent presque en retard. En fait, elles arrivent juste au moment où nous allions partir sans elles. Elles sont deux jeunes américaines heureuses d'apprendre, comme moi, les rudiments de la cuisine traditionnelle maya.
![]() |
| Anita choisit ses ingrédients |
marché.
![]() |
| Une des rues du marché |
Ce matin, notre tâche est d'acheter tous les ingrédients dont nous aurons besoin. Le menu végétarien est simple: des tamales au chipilin, des piments farcis, des tortes de patates et de la guacamole. Pour dessert, des plantains au chocolat épicé.
Bientôt, nous passons dans le coin où l'on fabrique des tortillas à la farine de mais. Le mais, chez les mayas, est la base de leur nourriture. Ils ont BESOIN de tortillas au moins une fois par jour, souvent trois. C'est pourquoi on voit un peu partout des annonces de tortillas: "Se vende Tortillas LOS TRES TIEMPOS" . On a fini par comprendre: 3 fois par jour. Déjeuner, diner et souper.
Anita nous offre à chacune une petite boule de pâte blanche ou grise. Parce que le mais vient en deux couleurs. Je choisis la pâte grise et nous voilà en train de confectionner notre tortilla. Mieux vaut en rire qu'en pleurer... La pâte me colle aux mains, ça ne tourne pas rond, c'est difficile... Pourtant, à les voir faire, ça a l'air si simple. Ces femmes mayas connaissent des trucs que nous ne connaissons évidemment pas. Nous devons quand même cuire notre tortilla sur la plaque de pierre ponce chaude et la manger, soupoudrée de sel.
![]() |
| Ok.. Il doit y avoir un truc pour que ça ne colle pas. |
![]() |
| Les trois imparfaites sont les nôtres..... |
![]() |
| Les "chicken-bus" ont peine à passer à travers tous les produits du marché mais ils passent |
Enfin, nos sacs remplis de légumes frais, nous rentrons chez elle. Dans sa cuisine. Une cuisine? Pas de mur, pas de lavabo, pas de frigo, pas d'armoires de cuisine... Il y a deux petites tables, un poêle à gaz moderne, 4 petits bancs empilables, une chaise, tous en plastique et une magnifique vue du lac. Sa nourriture et ses ingrédients sont sous une des deux tables et dans le four. Le four sert de rangement pour ce qui pourrait attirer l'attention de petits animaux et pour les objets sensibles à l'humidité. La vaisselle est empilée sur une des tables. Il n'y en a pas beaucoup mais juste assez. C'est extrêmement simple mais ça fonctionne!
L'eau courante dans la cuisine? Il n'y en n'a pas. Pas d'évier non plus. Pour laver nos mains, nous descendons un étage vers la salle de toilette. L'eau potable est dans un contenant de 5 gallons déposé sur la plancher de ciment. Et nous lavons les légumes dans de petits bols remplis d'eau potable. Ça va...
Le travail commence sur la table qui n'est pas une armoire.
Il faut effeuiller le chipilin, peler les légumes, laver et couper les fines herbes en dés minuscules. Faire la guacamole. Cuire le plantain. Griller les piments rouges et les tomates. Cuire les patates, les assaisonner, les piler et les griller en forme de tortillas. Faire la salsa.

![]() |
| Anita surveille la cuisson dans sa cuisine avec vue |
Trois heures et demi plus tard, Le repas est prêt! La table sur laquelle on a travaillé fort est nettoyée et revêtue d'une belle nappe tissée par ses amies à la coopérative des femmes. Anita prépare quatre belles assiettes et nous nous assoyons à table, en regardant le lac Atitlan, juste là devant nos yeux.
![]() |
| La table est mise |
Bonne question... Durant le délicieux repas, Anita, 26 ans, nous raconte les légendes que les anciens lui racontaient quand elle était petite. Vous saviez que des explorateurs viennent de découvrir une ancienne cité maya au fond du lac? Les anciens le savaient mais c'était une légende... Aujourd'hui, c'est un fait.
L'estomac bien rempli, je suis rentrée doucement à pied, avec un "doggy bag" pour que mon fils puisse goûter ces mets fraîchement cuisinés chez Anita. Ça tombait bien. Il avait faim.
Et il a adoré!
GRATITUDE!












Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire