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Lac Attitlan, Guatemala

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mercredi 1 mai 2013

Une bibliothèque à Tagayet


... suite de:  De la grande visite

Adiza et Azé sont repartis heureux, les bras chargés de matériel pédagogique et l’intention ferme de mieux apprendre, grâce à ces livres de classe en français et en mathématiques. Par contre, lorsque je demande s’ils ont des livres de lecture, ils ne comprennent pas de quoi je parle. Évidemment, ils n’en ont pas. 

J’aimerais qu’ils repartent aussi avec des romans, des contes, des poèmes, des récits… Nous sommes allés dans une librairie.

J’ai cherché…  J’ai questionné le libraire… J’ai fouillé…

Je n’ai rien trouvé.

Mais, juste avant de quitter, le libraire sort d’un coin de sa boutique un tout petit livre qu’il me tend.  Je l’ouvre. C’est un petit livre qui contient plusieurs petites histoires africaines de quelques pages. Le titre?  « Récits épiques du Niger réécrits ». 

LE livre

-  Ça y est! C’est ce qu’il nous faut.  Y en a-t–il d’autres? lui demandai-je.

Son expression suffit comme réponse.

Nous rentrons à la villa avec notre petit trésor : un vrai livre.

Hamani, le président de l'ONG LIBO, connait les rouages d’une bibliothèque en Afrique.  Aussitôt arrivé à la maison, il s’installe à table avec une feuille et un stylo bille.  Il trace des lignes et des colonnes qu’il identifie, numérote et inscrit dans une colonne le nom DU livre qui se promènera désormais dans le désert.  Azé est tous yeux, toutes oreilles devant Hamani.  Adiza écoute attentivement aussi, avec un peu moins d’assurance mais elle écoute. 

Hamani enseigne comment effectuer un prêt de livre : 

Nom du livre, nom de l’emprunteur, date de l’emprunt, état du livre à l’emprunt, date du retour, état du livre au retour.  Chacun sa colonne! Tout y est!  Une bibliothèque ambulante est désormais créée pour les enfants de Tagayet.

Un seul hic : un seul livre.

Avant le repas du soir, nous avons un peu de temps pour visionner des images du film « Tagayet » tourné et monté par mon fils Matthiew Klinck avec de la musique de Daniel Bouliane (www.ondespirale.com) . Ils n’ont jamais vu d’images qui bougent… Ils adorent la musique de Daniel Bouliane et demandent :
-        
               -   Qui chante?

Ils sont convaincus que la musique vient de leur pays tellement le rythme les touche.  Quand je montre la photo de celui qui a chanté la dernière chanson du CD « Enfant espoir », ils me disent à l’unisson :

    -  Mort.

Ce tout jeune garçon est décédé, lors de la famine qui a frappé. Ils en montrent beaucoup d’autres, hommes, femmes et enfants, « Mort », répètent-ils en voyant leurs visages sur l’écran.

Ils reconnaissent des parents, des amis et des gens du village.  Ils reconnaissent, enthousiastes, Andy, l’âne que mon fils avait acheté pour les enfants de l’école. Lui, il est toujours là et il travaille très bien, affirment-ils.  À plusieurs reprises, ils me font signe d'arrêter le film afin de prendre une photo de l’image sur l’écran à partir d’un vieux téléphone portable du siècle dernier (c’est vrai…) qui fait de bien curieux bruits à chaque clic de prise de photos.  Ils apporteront ces images à Tagayet.

En m’endormant ce soir-là, je revois les rayons de nos bibliothèques remplies à craquer, les livres jetés au rebus, les caisses de nouveautés qui arrivent dans chacune des bibliothèques de chaque école, de chaque ville, de chaque village…  Les gens qui cherchent à donner les livres qu’ils ont en trop, qui échangent leurs livres entre eux… Je revois les boutiques de livres usagers… Sans parler des rayons de films à emprunter dans chacune des bibliothèques…

Nous sommes tellement chanceux!


Louise

PS.  Il y aura bientôt DEUX livres bientôt dans la bibliothèque de Tagayet. Quand Sanda partira vers Tagayet, il apportera une copie de mon livre "SOIF", publié en Belgique.  S'ils ne peuvent le lire, ils auront au moins les huit pages de photos couleurs à scruter à la loupe, des souvenirs de la vie avant le puits, avant le village. En plus, dans ce livre, je parle du papa de Azé et de la maman de Adiza.  Et je trouverai peut-être d'autres livres  d'ici là...


lundi 8 avril 2013

Niger 8 - Festin africain


Mes nouveaux amis de l'ONG Amman Imman, Ariane et Denis m’ont invités à souper avec leur petite famille.  Aux environs de 18:00, mon cellulaire sonne. Ils sont venus me chercher, question de me faciliter le transport.

Aussitôt arrivée, je découvre une grande famille étendue, à l’africaine. Magnifique! Ariane, Denis et leurs deux bambins vivent dans une jolie maison et le gardien, sa femme et ses trois enfants vivent à côté, dans la cour, dans une autre jolie maison. Puis, il y a Zélika, la gardienne des enfants. Je l’avais rencontrée à la piscine. C’est la famille!

Leur maison est accueillante, chaleureuse avec de grandes pièces communes, trois salles de bain et trois chambres dont l’une est transformée en bureau. Dans les chambres, pas de lits à l’occidentale, que des lits touaregs ou des matelas déposés sur le sol. (J'ai oublié de photographier les lits touaregs ou peuls. C'est le même style de lit)

Ariane a préparé un grand bol de salade verte. Elle me demande :
- Tu manges à l’africaine?
- Bien sûr, ça va. 
- Viens, nous mangeons dans la cour.
 
Une natte a été déroulée sur le sable chaud, presque brûlant. Elle y dépose au centre, le bol et quelques fourchettes.  À une main, à deux mains dans le plat ou à l’aide d’une fourchette, la salade disparaît bien vite.  Je remarque que quelques membres de la famille restent à l’écart. Ariane m’explique qu’ils n’aiment pas la salade.
























Le mets principal ne tarde pas à venir au milieu de la natte. La femme du gardien apporte une dune de nourriture servie dans une immense assiette ronde en métal.  Il y a beaucoup de riz, de légumes – des carottes et des aubergines – et au dessus, de grands morceaux de poisson frit.  «De la carpe », me dit-on. J’ai à peine le temps de prendre des photos que tous les membres de la famille élargie s’approchent pour déguster ensemble ce mets, je dirais, « béni des dieux ».  C’est presque perceptible…


Puis, chacun à son tour, nous nous retirons de la natte, l’estomac comblé. La vie est tout de même bonne.

Le gardien quitte l’enceinte quelques minutes et rapporte des braises.  Il y aura du thé.  Cette idée me réconforte… Je me souviens du thé du désert.

Pendant que Zélika et Ariane préparent les enfants pour la nuit, Denis installe un ordinateur portable sur une petite table dans la cour. Ce soir, assis sur des chaises tressées à l’africaine et déposées sur la natte, nous regardons le film de mon fils Matthiew, « Tagayet ». Le film relate notre voyage en 2005-2006 pour aller voir le puits qui venait d’être creusé à peu près dans l’environnement ou j’avais vécue avec mes amis Peuls en 2002. Le film nous transporte dans le nouveau village de Tagayet, près du puits.


Un thé sucré à portée de la main, au son de la musique de Daniel Bouliane, les images du désert remplissent l’écran et l’espace qui nous entoure…