Bienvenue au Guatemala!

Bienvenue au Guatemala!
Lac Attitlan, Guatemala

Translate

Affichage des articles dont le libellé est Afrique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Afrique. Afficher tous les articles

vendredi 12 avril 2013

Niger 12 - Un peu de moto


Hier soir, j’étais invitée au souper d’aurevoir de mes amis Ariane, Denis et de leurs deux enfants.  Ils prennent l’avion cette nuit vers la France.  Les voisins, les amis, la famille élargie… nous étions un bon groupe pour leur souhaiter un bon voyage ainsi qu’un retour sur le sol nigérien dans les plus brefs délais.

La femme du gardien a cuisiné le plat. Une assiette géante de riz assaisonné, de courges et de choux couronné par des pièces de poissons bien cuits.  Un autre festin à l’africaine!  C’est en riant, en jasant, en se rappelant les bons souvenirs et en projetant de futurs souvenirs dans l’univers que nous partageons ce repas.


Le gardien nous concocte un délicieux thé à la touareg ou à la peule que l’on sirote juste avant de penser à rentrer chacun chez soi afin de laisser nos hôtes boucler leurs derniers bagages.  J’avais réservé un taxi qui je connais bien mais celui-ci a dû annuler à la dernière minute pour cause de mortalité dans sa famille.  Oups! Comment rentrer chez moi?

Un des invités, dénommé Elvis, me voyant un peu déstabilisée, m’offre instantanément son aide :
  -  Louise, je peux te ramener chez toi si tu connais la route.
  -  Oui, je connais la route. Je t’indiquerai, lui dis-je en pensant qu’il avait un véhicule à quatre roues.
  -  Viens.  On part en moto!
  -  En moto? Dans le sable? Tu peux faire ça? Ce n’est pas facile.
  -  Je suis habitué. Pas de problème!  Je te ramène, insiste-t-il en m’offrant son casque de moto.

Me voilà derrière ce jeune homme fougueux sur des routes ensablées sur lesquelles les autos s’enlisent.  Il conduit prudemment, presque trop. Ses jambes doivent soutenir la moto à plusieurs reprises. Et, à plusieurs reprises, je lui offre de descendre et de marcher, histoire de traverser une dune ou deux… mais il refuse et continue. Il faut atteindre le goudron.

Jusqu’au premier virage, ça va. Mais nous prenons à droite, une rue trop tôt.  Je croyais connaitre la route… Le sable est vraiment profond et nous laissons des traces dans cette rue sombre. Pas de lune ce soir.  La vie est quand même bonne car nous rejoignons le goudron sans mésaventure. 

Mais, un nouvel obstacle se pointe à l’horizon : la circulation. Il y a beaucoup d’automobiles, de taxis, et de motos qui se croisent, qui s’entremêlent. Elvis ne se laisse nullement impressionner et, avec un calme et une précision impeccables, il navigue son trajet sans broncher.

Derrière lui, c’est moi qui le guide :
  -  À droite au feu rouge!
  -  D’accord! Pas de problème.

Un peu plus loin, je lui indique trop tard le virage sur ma propre rue, ce qui nécessite un léger détour. Il me déposera devant la porte de ma maison.  Curieusement, mon collègue André est dans la rue avec le gardien. Tous les deux tardent à me reconnaître avec ce casque, assise sur une moto, derrière ce beau jeune homme.  C’est André qui prendra la photo.


Merci Elvis!  À une prochaine peut-être!

Louise 

lundi 8 avril 2013

Niger 8 - Festin africain


Mes nouveaux amis de l'ONG Amman Imman, Ariane et Denis m’ont invités à souper avec leur petite famille.  Aux environs de 18:00, mon cellulaire sonne. Ils sont venus me chercher, question de me faciliter le transport.

Aussitôt arrivée, je découvre une grande famille étendue, à l’africaine. Magnifique! Ariane, Denis et leurs deux bambins vivent dans une jolie maison et le gardien, sa femme et ses trois enfants vivent à côté, dans la cour, dans une autre jolie maison. Puis, il y a Zélika, la gardienne des enfants. Je l’avais rencontrée à la piscine. C’est la famille!

Leur maison est accueillante, chaleureuse avec de grandes pièces communes, trois salles de bain et trois chambres dont l’une est transformée en bureau. Dans les chambres, pas de lits à l’occidentale, que des lits touaregs ou des matelas déposés sur le sol. (J'ai oublié de photographier les lits touaregs ou peuls. C'est le même style de lit)

Ariane a préparé un grand bol de salade verte. Elle me demande :
- Tu manges à l’africaine?
- Bien sûr, ça va. 
- Viens, nous mangeons dans la cour.
 
Une natte a été déroulée sur le sable chaud, presque brûlant. Elle y dépose au centre, le bol et quelques fourchettes.  À une main, à deux mains dans le plat ou à l’aide d’une fourchette, la salade disparaît bien vite.  Je remarque que quelques membres de la famille restent à l’écart. Ariane m’explique qu’ils n’aiment pas la salade.
























Le mets principal ne tarde pas à venir au milieu de la natte. La femme du gardien apporte une dune de nourriture servie dans une immense assiette ronde en métal.  Il y a beaucoup de riz, de légumes – des carottes et des aubergines – et au dessus, de grands morceaux de poisson frit.  «De la carpe », me dit-on. J’ai à peine le temps de prendre des photos que tous les membres de la famille élargie s’approchent pour déguster ensemble ce mets, je dirais, « béni des dieux ».  C’est presque perceptible…


Puis, chacun à son tour, nous nous retirons de la natte, l’estomac comblé. La vie est tout de même bonne.

Le gardien quitte l’enceinte quelques minutes et rapporte des braises.  Il y aura du thé.  Cette idée me réconforte… Je me souviens du thé du désert.

Pendant que Zélika et Ariane préparent les enfants pour la nuit, Denis installe un ordinateur portable sur une petite table dans la cour. Ce soir, assis sur des chaises tressées à l’africaine et déposées sur la natte, nous regardons le film de mon fils Matthiew, « Tagayet ». Le film relate notre voyage en 2005-2006 pour aller voir le puits qui venait d’être creusé à peu près dans l’environnement ou j’avais vécue avec mes amis Peuls en 2002. Le film nous transporte dans le nouveau village de Tagayet, près du puits.


Un thé sucré à portée de la main, au son de la musique de Daniel Bouliane, les images du désert remplissent l’écran et l’espace qui nous entoure…


dimanche 7 avril 2013

Niger 7 - Il n'y a pas de hasard



Hier, tout l’après-midi, une idée me hantait : baignade à l’hôtel Terminus. En fin d’après-midi, je me décide à partir seule pour héler un taxi collectif sur le bord de la route goudronnée. Dans mon sac à dos, j’entasse mon costume de bain et une serviette.

Le taxi est rempli à craquer.  Ici, les taxis sont vraiment communautaires.  Vous devinez ce que cela signifie?  Le conducteur accepte les passagers jusqu’à pleine capacité à deux conditions : il vérifie la destination et le prix de la course.  On peut toujours négocier mais la course moyenne coûte 200 fcfa, ce qui équivaut à 40 sous. Pour me rendre à l’hôtel Terminus, il me lance : « Deux courses ».  J’accepte. Le trajet  me coûtera 400 fcfa, donc 80 sous. L’inconvénient, c’est qu’il reconduit toutes les personnes à bord avant moi.  Tout est parfait!  Un tour de ville en bonus!

Dans la piscine, trois enfants, deux filles et un garçon, jouent dans l’eau.  Aussitôt que j’arrive, ils se précipitent vers moi en m’éclaboussant d’eau chaude de la piscine et en me bombardent de questions. Fassily, le jeune garçon de 5 ans m’offre une paire de lunettes afin que je plonge dans l’eau avec eux, les yeux ouverts. Ils s’amusent à me démontrer toutes les pirouettes qu’ils connaissent et moi, en revanche, j’organise des courses à la nage ou à pied à travers la piscine.  Le temps passe bien vite…

Lorsque le barman apparaît avec ma bière bien froide, je négocie une sortie avec les enfants, ce qui n’est pas chose facile.  Je tiens bon. Une fois sortie de l’eau, je rejoins les parents  qui m’invitent aussitôt à leur table. Et, c’est là que la magie opère.

Ces gens ont créé une ONG aux États Unis et construisent des forages dans la région d’Abalak.  Ils viennent tout juste d’en terminer un dans un village que je connais, là où la jeep bleue de Sidi Mohammed s'est arrêtée en 2002.  Sidi nous avait emmenés de façon confortable jusqu’à Niamey, Sanda et moi, et je suis arrivée à temps pour prendre mon avion.  (Si vous avez lu mon livre, c’est le chapitre « La jeep bleue ».)

Lorsque je leur parle du puits de Tagayet, ils le connaissent bien…  C'est à Tagayet qu'ils voulaient faire un forage!  Mais les élus d'Abalak ont décidé de faire le forage en pays "Touareg"... Et la conversation nous amène à revisiter ces coins de désert qui nous sont aujourd’hui interdits.  Bien triste constatation! Nous avons connus les mêmes Peuls.  Qui d’autres a vu le puits de Tagayet?  Quelles étaient les chances qu’une telle rencontre se produise à la piscine de l’hôtel terminus aujourd’hui?

Nous avons jasé et pris rendez-vous pour un repas chez eux le lendemain.

Je vous invite donc à lire sur eux et sur leurs activités. Voici leur site :
J’ai rencontré Ariane et Denis.

Je continue de croire qu’il n’y a pas de hasard, que des coincidences...


            Ariane, la gaardienne des enfants, Zelika, les enfants et moi après la baignade.